Le mercredi c’est permis !

Une industrie

J’aime voir le cinéma comme un art, mais il est indéniable qu’à grande échelle (Disney, Europa, Ghibli…) son côté business prend une part importante. La production prend donc en compte l’intérêt économique lorsqu’elle permet la création d’un long métrage. Cela intervient évidemment dans les choix de scénario et de réalisation, parfois à contre-cœur des autres cinéastes plus attachés au projet « d’oeuvre ».

Ce business demande également une organisation bien huilée pour ce qui concerne la diffusion des films. Le studio de production (Exemple : Sony Pictures Studios) doit alors décider d’une date de sortie avec le diffuseur (Exemple : CGR) du pays avec lequel il traite. Même si le studio choisi généralement une zone de sortie assez précise pour ses « grosses sorties » afin de ne pas souffrir de la concurrence ou de profiter d’une période propice (Exemple : Décembre choisi pour Star Wars), le diffuseur adapte la date aux lois et coutumes de son pays.

Jamais comme tout le monde !

Le pays exportant le plus de film est évidemment les USA. Chez eux les films sortent le vendredi, plusieurs pays ce sont alignés sur ce modèle afin de créer un effet « sortie mondiale ». La raison est pourtant une fois encore économique. Aux Royaumes-Unis, pays dont la culture est fortement influencée par le christianisme, comme aux USA, le dimanche est un « jour saint » et le weekend est un moment de repos pour une grande partie de la population. Les habitants ayant du temps libre, ils peuvent se rendre dans une salle obscure. Le vendredi est donc le moment idéal pour commencer la diffusion d’un film.

Certains pays font le choix de sortir les films majoritairement le jeudi. Les diffuseurs peuvent choisir n’importe quel moment de la semaine pour sortir les films. Ils peuvent donc profiter des jours fériés ou faire coïncider la diffusion avec celle d’un festival. Cependant, au niveau mondial les films sortent le plus souvent en fin de semaine.

Mais alors, pourquoi la France et sa voisine la Belgique sont elles les seuls à sortir les films traditionnellement le mercredi ? Avant 1972, les films sortaient le jeudi. Voilà un bon indice ! Il s’agissait alors de coïncider avec le jour de repos des écoliers. En effet, les enfants ont du temps libre et demandant souvent l’accompagnement d’un adulte, le nombre de spectateurs potentiels est important à ce moment là. Lorsque le jour de repos est passé au mercredi, les distributeurs ont suivi le mouvent pour conserver cet effet idéal.

Une optimisation financière du temps

Ceci correspond à la fameuse maxime « le temps, c’est de l’argent« . Afin de pouvoir continuer à produire des films il faut que ceux-ci se remboursent. Un déficit permanent ne serait aucun cas possible longtemps. Serait-il possible avec une mise de départ de produire des films indéfiniment à condition de simplement se rembourser ? Certaines associations d’amateurs arrivent à se stabiliser ainsi. Au niveau professionnel il y a deux points qui empêchent cela. D’abord, l’aspect industriel à amener dans un grand nombre de studios des actionnaires qui demandent une rentabilisation. En suite, les progrès techniques, notamment pour les effets spéciaux, demandent un coup de plus en plus élevé qu’il faut amortir.

S’assurer d’un grand nombre de spectateurs disponibles n’est pas le seul enjeu de la diffusion. Si la sortie des films est calibré pour faire un maximum d’entrée rapidement, la durée de ceux-ci l’est également. Un film durant entre 1h45 et 2h00 pourra facilement être diffusé au sein d’une même salle 4 à 5 fois lorsqu’un film de plus de 2h30 ne serait peut-être diffusé que 3 fois. Certains films sont naturellement d’une durée « optimale » pour des raisons d’écriture ou de budget alloué à la réalisation. D’autres films sont réduits au montage sur demande du producteur dans un but lucratif. Les scènes coupées dans ce cadre ne sont pas pour autant jetées. C’est l’occasion de sortir des « versions longues » dans les coffrets DVD et blue-ray (Exemple : Le seigneur des anneaux). Aujourd’hui, certains blockbuster se détachent de cette « règle ». Pour les films dont les producteurs sont convaincus de l’attente du public et dont la rentabilité ne leur pose pas question, il est possible que la bobine dure plus de 3h00 (Exemple : Avengers: Endgame).

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